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« New Denmark » - Un troisième long métrage pour Raphaël Ouellet originalre de Dégelis
Source : Kevin Laforest, journal VOIR
le 20 avril 2010

Depuis bientôt quatre ans, Rafaël Ouellet se rend dans son village natal de Dégelis chaque été pour y tourner un nouveau film. Une telle productivité est rare dans le cinéma québécois contemporain, où le système en place fait que les réalisateurs doivent souvent patienter plusieurs années entre chaque film.

Plutôt que de s’y résigner, Ouellet occupe le temps entre le développement de projets nécessitant davantage de moyens comme Derrière moi et Camions (un scénario qu’il vient de redéposer à la SODEC et qu’il espère tourner en 2011), en autoproduisant des films plus spontanés. « Des essais, des laboratoires comme Le Cèdre penché et New Denmark, je n’arrêterai pas d’en faire. Je trouve ça essentiel, puis je trouve ça dommage de ne pas voir l’équivalent chez plus d’autres cinéastes », confie-il, citant Michael Winterbottom et Steven Soderbergh comme exemples de réalisateurs qui créent en continu. « J’ai beaucoup de respect pour des gens comme ça qui sont capables d’être à la hauteur lorsqu’on leur demande de faire de grosses productions mais, des fois, ils sont aussi prêts à se mettre à nu et à tourner avec peu de moyens. »

Pour réaliser New Denmark, Ouellet a eu la chance que son ami Podz lui prête gracieusement une caméra, en plus de dénicher des acteurs non professionnels mais instinctivement doués, dont la jeune Carla Turcotte, qui est de presque toutes les scènes du film. « C’était vraiment une belle surprise, se rappelle le cinéaste. Il y a eu un travail de direction d’acteur, c’est certain, mais elle a un talent naturel. »

Sur le plan thématique, plusieurs éléments ont inspiré le film: le souvenir d’une jeunesse marquée par la mort de gens de l’entourage plus ou moins rapprochés du cinéaste; la disparition d’une jeune femme ayant étudié au même cégep que lui; le constat que malgré les malheurs, la vie reprend inévitablement son cours, souvent trop vite pour les proches des disparus; et, enfin, le concept d’un pèlerinage vers un morceau de Scandinavie, étonnamment près du Québec.

« Il y a un petit village au Maine qui s’appelle Stockholm. J’ai commencé à imaginer cette histoire-là autour de cet endroit, mais je me suis rendu compte que pour des personnages d’ados mineurs, passer la frontière américaine, c’est compliqué. Puis, là, j’ai vu qu’il y avait une ville au Nouveau-Brunswick qui s’appelle New Denmark, et je trouvais que ça donnait une couleur encore plus intéressante. Ça permettait vraiment une renaissance », conclut Ouellet.

À voir si vous aimez : Tout est parfait d’Yves Christian Fournier, Gerry de Gus Van Sant, les peintures de Jon Clayto. Le film est sorti en salle à Montréal au Cinéma Parallèle le vendredi 16 avril 2010.

Mise à jour : 2010-04-21

Sujet : Cinéma et vidéo Document RSS Sécurité publique Document RSS

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