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La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) souhaite-t-elle la fermeture de plusieurs municipalités?
Michel Lagacé, Conférence régionale des élues du Bas-Saint-Laurent

le 26 février 2012

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Lettre ouverte de Michel Lagacé, président de la Conférence régionale de éluEs du Bas-Saint-Laurent

J’ai pris connaissance du Mémoire présenté par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) à la Commission de l’aménagement du territoire à l’occasion des consultations sur le projet de la loi 34, loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires. Il est bon de préciser que la FCCQ regroupe plus de 150 chambres de commerce et représente 60 000 entreprises et 150 000 gens d’affaires exerçant leurs activités dans tous les secteurs de l’économie et sur l’ensemble du territoire québécois.

Dans ce mémoire, la FCCQ présente ses positions et recommandations en ce qui a trait à l’occupation du territoire, à l’offre de main-d’œuvre et à l’endettement public du Québec. Ses recommandations sont basées sur des notions purement économiques. J’ai été sidéré par certaines affirmations incluses dans ce document qui sont méprisantes et déconnectées de la réalité des régions comme la nôtre. Lorsqu’on lit l’énoncé suivant, on ne peut qu’arriver à la conclusion que la FCCQ souhaite la fermeture de plusieurs municipalités du Québec par souci d’économie.

L’attachement des populations à leur milieu de vie d’origine est parfaitement compréhensible et défendable. Mais cette valeur ne peut pas s’appliquer inconditionnellement, en dépit de toute logique économique. Après tout, les régions du Québec se sont peuplées par le déplacement de populations qui venait d’ailleurs. (p.7)*

De plus, la FCCQ propose dans les deux énoncés qui suivent, que les sans-emplois des municipalités dévitalisées quittent leur territoire pour aller occuper des emplois qui sont principalement situés dans les zones urbaines et dans les régions centrales. De cette façon, le gouvernement réduira les subventions versées à ces clientèles. La FCCQ ne tient pas compte que ces chômeurs occupent des emplois saisonniers au sein d’entreprises situées dans des municipalités dévitalisées et celles environnantes. Comment peut-on avoir une approche aussi simpliste?

Ainsi, en tenant compte du resserrement du marché du travail, qui ouvre désormais de nouvelles occasions pour les chercheurs d’emploi, et en tenant compte de l’endettement des gouvernements qui finira par les obliger à réduire les subventions qu’ils distribuent à leurs diverses clientèles, il y a maintenant moins de disponibilités financières pour créer artificiellement des emplois subventionnés, notamment dans l’ensemble des municipalités dévitalisées; il faut donc chercher ailleurs des solutions.

Il existe donc, dans ces municipalités [on parle ici des municipalités dévitalisées], un bassin de main-d’œuvre inoccupée [taux de chômage entre 10 et 40 % en 2006]. Le coût de ce chômage se mesure non seulement en prestations d’assurance-emploi et d’assistance emploi, mais aussi en opportunité économique non exploitée [on parle ici d’individu]. (p.8)

Comme on peut le constater dans les propos cités ci-bas, les membres de la FCCQ sont en total désaccord avec l’idée que le gouvernement fasse de l’occupation et la vitalité des territoires une grande priorité. Pire encore, elle considère qu’il s’agit d’une mission non essentielle pour le gouvernement. Pourtant, l’occupation et la vitalité des territoires interpellent la mission sociale de l’État qui se soucie non seulement de l’accès au travail pour tous et de la rentabilité de ses investissements, mais aussi de la protection de l’environnement, du développement culturel, de la mise en valeur des multiples patrimoines empruntés aux générations précédentes, des conditions d’épanouissement des populations réparties sur des territoires très différenciés. Cette mission sociale doit se faire respectueuse du souhait d’une partie non négligeable de la population de vivre en régions éloignées ou intermédiaires et en milieux ruraux. Chacun devrait disposer d’un niveau acceptable d’égalité des chances vis-à-vis le développement.

Voilà une approche [on parle ici d’établir l’occupation et la vitalité des territoires comme une nouvelle grande priorité du gouvernement] qui nous semble s’éloigner de la démarche budgétaire du gouvernement au cours des dernières années soit celle de mieux cibler ses interventions, d’identifier les champs d’intervention qui ne sont pas essentiels et de se délester de missions non essentielles. Quel serait le rang de cette nouvelle « grande priorité », parmi toutes celles que le gouvernement a déjà déclarées : la santé, l’éducation, l’emploi, la réduction du déficit, les infrastructures et le Plan Nord ? (p.12)

Est-il réaliste d’élever cet objectif au rang de « grande priorité », surtout dans un contexte où il est difficile pour le gouvernement d’identifier les domaines où il est possible de réduire ses interventions? (p.12)

À la suite des commentaires émis par la FCCQ, il m’apparaît primordiale que le gouvernement du Québec adopte une loi sur l’occupation et la vitalité des territoires. Les régions ressources ont de moins en moins de poids politique à l’Assemblée nationale. Nous l’avons vu dans le dossier des aides fiscales aux entreprises des régions ressources où le gouvernement a cédé face au poids politique des régions centrales. En plus, tout dernièrement, le Bas-Saint-Laurent a perdu deux comtés ce qui diminue de façon considérable son pouvoir d’influence.

Il nous semble évident que la FCCQ voit les régions ressources comme des fournisseurs de matières premières et de main-d’œuvre. Nous espérons que les positions et recommandations présentées dans le mémoire de la FCCQ ne sont pas partagées par l’ensemble de la société québécoise et encore moins par le gouvernement du Québec.

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* Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). Mémoire présenté à la Commission de l’aménagement du territoire à l’occasion des consultations sur le projet de la loi 34, loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires, 14 février 2012, 19 p. Prendre note que toutes les citations mises en retraits sont tirées de ce Mémoire.

Mise à jour : 2012-02-27

Sujet : Politique provinciale Document RSS

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