Prendre soin du territoire
Originaire de Pohénégamook, Rosalie a choisi de s’installer au Témiscouata pour conjuguer ses passions et ses études en biologie et en éducation, alternant entre un poste estival à la SÉPAQ comme technicienne en milieu naturel et un rôle hivernal à la Régie intermunicipale des déchets en sensibilisation au développement durable. Avec son conjoint, également biologiste, elle cultive une passion marquée pour l’ornithologie, la chasse et la pêche, voyant dans le Bas-Saint-Laurent un territoire rêvé et encore trop méconnu pour l’observation des oiseaux. Son regard attentif sur la faune, nourri par des rencontres marquantes comme celle du grand ornithologue Jacques André-Dupont, incarne un attachement profond à ce territoire qu’elle continue d’explorer et de faire découvrir.
elle vient du bois
des immenses forêts du Témis
et les a gardées
nichées en elle
avec leurs rivières poissonneuses
et leurs grands conifères
pendant qu’elle étudiait
à Rimouski en biologie
puis à Québec en enseignement collégial
le bois l’a rappelée
et elle est revenue
avec son amoureux, elle s’est établie
dans leur «maison biodôme»
remplie de plantes vertes
dans leur «cour jardin botanique»
où ils cultivent un potager
des arbres fruitiers
et élèvent des poules
pour produire eux-mêmes
ce qui les nourrit
entre un emploi de technicienne en milieu naturel
au parc national du Lac Témiscouata
et un autre en saine gestion des matières résiduelles,
un point commun, un beau désir
celui de prendre soin du territoire
et de transmettre ses connaissances
afin de responsabiliser
et sensibiliser
toutes les générations
à la beauté et la fragilité
des écosystèmes
les oiseaux aussi nichent en elle
leurs moindres sons, leurs petits bruits
leurs chants
comme des dizaines de langues
qu’il faut garder vivantes
et qui témoignent
de la vitalité de la nature
ainsi, quand elle parcourt les forêts
les villages
les campagnes
elle écoute
attentive
elle observe
passionnée
elle répertorie les espèces
surveille les nichoirs
c’est comme ça qu’elle est devenue
observatrice du martinet ramoneur
protectrice des cheminées de maçonnerie
pour assurer le suivi
de cette espèce en danger
et quand elle veut se reposer
elle part vers Rivière Noire
s’enfonce dans la forêt profonde
où le temps n’est plus le même
pas de réseau
pas d’électricité
pas d’eau courante
que les bruits des animaux
les craquements des arbres
le crépitement du feu
et la grande et belle promesse
d’exister tranquillement

Un texte rédigé par Stéphanie Pelletier
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